Un exemple concret

L’actionnaire d’une PME prospère dans le canton de Vaud perçoit un salaire confortable et conforme au marché. Sa société génère des résultats intéressants qui lui permettraient d’augmenter son salaire (bonus) ou de se verser un dividende plus important cette année. Nous avons créé une infographie pour expliquer les différences entre ces deux types de rémunération.

Les avantages et inconvénients du salaire

Le salaire présente l’avantage de bénéficier d’une couverture sociale et de constituer un capital retraite. Cependant, les charges sociales représentent un coût non négligeable pour l’entreprise.

Dans notre exemple, si le bénéfice avant impôt est de 140’000.-, l’actionnaire pourrait se verser un salaire brut complémentaire de 124’000.-. Ainsi, avec les charges d’AVS (environ 12%, soit 14’000.-) et de LPP (environ 18’000.-, en considérant une cotisation de 15% pour une personne agée de 45 à 54 ans), dont la moitié seraient à sa charge, le bénéfice de la société serait de 0.- après le bonus.

Le dividende : une option fiscalement intéressante

Les dividendes, de leur côté, sont souvent fiscalement plus avantageux pour l’actionnaire car ils bénéficient d’une imposition privilégiée. Si l’actionnaire dispose d’une participation dite « qualifiée » (car il possède plus de 10% des actions), le dividende ne sera imposé qu’à 70% dans le canton de Vaud. De plus, comme les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales, ils génèrent moins de charges pour la société.

Cependant, les dividendes eux-mêmes ne sont pas considérés comme des charges déductibles, et la société doit donc payer un impôt sur le bénéfice. Dans notre exemple, la société devrait payer un impôt d’environ 20’000.- sur le bénéfice. De plus, ce bénéfice étant supérieur à la version du bonus, la valeur des actions de la société va augmenter, ce qui entraînera une augmentation de l’impôt sur la fortune de l’actionnaire (ici : 8’000.-, sans prise en compte d’un éventuel RETIF).

Comparaison des options

Étant donné l’imposition privilégiée du dividende, il sera au niveau fiscal plus avantageux de choisir le versement d’un dividende, et cela notamment pour les personnes avec un taux d’imposition personnel élevé.

Néanmoins, les dividendes ne permettent pas de constituer un avoir auprès de la prévoyance professionnelle et nécessitent le versement de l’impôt anticipé à l’Administration fédérale des contributions, à hauteur de 35% du dividende brut. Ce montant sera ensuite récupéré par l’actionnaire par le biais de sa déclaration d’impôt personnelle.

Dans notre exemple, l’actionnaire aurait au final à sa disposition après impôt :

  • En cas de salaire : la somme de 81’000.-, dont 18’000.- d’avoir auprès de la LPP, qu’il pourra récupérer à l’âge de la retraite.
  • En cas de dividende : la somme de 77’000.-

Conclusion : une stratégie sur-mesure

Une analyse personnalisée est essentielle pour optimiser à la fois la fiscalité personnelle et celle de l’entreprise, tout en assurant une couverture sociale et un financement de la retraite adéquat. Les décisions varieront également selon la structure familiale de l’actionnaire et ses projets futurs.

Par exemple, l’actionnaire souhaitant vendre son entreprise pourrait préférer un dividende à un salaire pour augmenter le bénéfice de son entreprise (et son prix de vente), tandis que l’actionnaire qui fonde sa famille pourrait privilégier un salaire complémentaire pour augmenter son plan LPP et ses possibilités de rachat.

3 avis à propos de “Dividende ou salaire : le dilemme !”

  1. Germain Peiry dit :

    merci pour cette explication claire et concise.

    meilleures salutations

    Germain Peiry

    1. Merci pour votre message !

  2. Kevin Casas dit :

    Madame, Monsieur,

    Nous sommes dans une situation quelque peu complexe avec une employée qui touche une rente AI partielle depuis le 1er août 2025.

    En effet, la collaboratrice concernée est employée à 60% chez nous (c’est son seul emploi) et en arrêt maladie à 50% depuis 2023. Elle bénéfice d’une rente AI d’un montant de 1’035.- et nous lui versons 539.80 d’indemnités journalières maladie par mois en moyenne. Son salaire mensuel est de 3’659.- (60%).

    Comment devons-nous calculer son salaire mensuel en prenant en compte ces informations ? A savoir que la rente AI est directement touchée par l’employée.

    Devons-nous déduire la rente AI du salaire brut, comment comptabiliser correctement les cotisations salariales ? Si quoi se baser ?

    Merci pour votre retour car nous sommes dans le flou.

    Avec mes meilleures salutations,

    Kevin Casas
    Pharmacie Interjurassienne SA PIJ

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